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La numérisation progressive du monde ...

"LA VIE ALGORITHMIQUE" examine les multiples effets de la numérisation progressive du monde, qui entraîne une extrême rationalisation des sociétés ainsi qu'une quantification et une marchandisation intégrales de la vie.

Le livre d'Éric Sadin, LA VIE ALGORITHMIQUE, CRITIQUE DE LA RAISON NUMÉRIQUE, qui va paraitre le 13 Mars 2015, analyse le mouvement de numérisation à l'oeuvre depuis une trentaine d'années.

"ARGUMENTAIRE

Ce mouvement de numérisation gagne aujourd'hui des pans de plus en plus étendus de la réalité via l'extension des capteurs et des objets connectés. Dorénavant, les flux de data témoignent de la quasi-intégralité des phénomènes, s'érigeant comme l'instance primordiale de l'intelligibilité du réel. Une connaissance sans cesse approfondie s'instaure, orientant en retour les décisions individuelles et collectives au prisme d'algorithmes visant les plus hautes optimisation, fluidification et sécurisation des existences et des sociétés.
Les technologies informationnelles imposent un mode de rationalité fondé sur la définition chiffrée de toute situation et sur une maîtrise indéfiniment accrue du cours des choses. Une raison numérique établie sur l'appréhension et l'évaluation en temps réel des faits ordonne désormais les pratiques du commerce, de l'enseignement, de la médecine, les rapports aux autres, à soi-même, à la ville, à l'habitat...
Ce livre examine, en s'appuyant sur une foultitude d'exemples, la quantification et la marchandisation intégrales de la vie qui s'instituent, soutenues par l'industrie du traitement des données, aujourd'hui dotée d'un pouvoir qui perturbe nombre d'acquis démocratiques fondamentaux.
Avec une rare lucidité et une écriture d'une précision clinique, Éric Sadin dévoile les impensés, analyse les processus en cours, dresse une cartographie détaillée des forces à l'oeuvre... Observations et réflexions qui dessinent une nouvelle condition humaine, et en appellent à la politisation des enjeux induits par la puissance toujours plus totalisante détenue par les systèmes computationnels."


"Après Surveillance globale (Climats/Flammarion, 2009), ouvrage dans lequel Éric Sadin, écrivain et philosophe, analysait précisément les mécanismes de la surveillance numérique, étant un des premiers à signaler la collusion discrète mais massive entre le marketing et le régime sécuritaire. Rouages qui furent quelques années plus tard dévoilés au monde entier par Edward Snowden.
Après La société de l'anticipation (Inculte, 2011), livre dans lequel il analysait la propension anticipative qui caractérise les sociétés contemporaines à vouloir pénétrer le futur à l'aide d'algorithmes prédictifs. Dimensions qui depuis ne cessent d'être régulièrement confirmées par des cas de figure toujours plus nombreux.
Après L'humanité augmentée (L'échappée, 2013), où il a circonscrit la caractéristique majeure actuelle des technologies numériques, soit leur capacité à interpréter une multitude de situations à des vitesses infiniment supérieures à nos facultés cérébrales, et plus encore à prendre des décisions à notre place (disposition emblématique dans le trading algorithmique par exemple). Enjeux au sujet desquels Stephan Hawking, mais encre Bill Gates, ont dit l'année suivante que leurs évolutions détermineraient le cours de l'humanité.

Éric Sadin continue son exploration minutieuse du monde numérique, en publiant son livre théorique le plus important : LA VIE ALGORITHMIQUE. Critique de la déraison numérique, fruit d'années de réflexion que l'on peut résumer ici en quelques lignes :

« Il est temps de dépasser les sempiternelles et inopérantes oppositions entre les dits "technophiles" et "technophobes", d'arrêter de peser au sein d'équations "raisonnables" les supposés avantages ou risques, ou de cesser de s'illusionner, tels les "pharmacologues", sur l'ambivalence fondamentale de toute technique.

Ce qu'il est impératif d'analyser, ce sont les modes d'existence majoritaires et structurants favorisés par les systèmes computationnels. Et le constat est implacable : le régime numérique aura contribué en une vingtaine d'années à institutionnaliser une extrême rationalisation des sociétés, conduisant de facto à une quantification et à une marchandisation croissantes de pans toujours plus étendus de la vie."